Qui est la famille Edney?

Qui est Dennis Edney?

Me. Dennis Edney, conférence à McGill School of Law
Me. Dennis Edney, conférence à McGill School of Law

Dennis Edney est cet illustre avocat albertain qui se bat depuis des années contre les injustices commises par le gouvernement canadien envers ses propres citoyens. D’un courage exemplaire, Me Edney est nul autre que celui qui a assuré pro bono la défense du jeune Omar Khadr pendant plus de dix ans et qui continue à ce jour à le représenter, en plus de l’héberger à son domicile.

Cette véritable sommité du système judiciaire canadien commence à être connu au Québec. Fils de camionneur écossais, il a connu une carrière dans le soccer professionnel avant de devenir avocat criminaliste à 40 ans. À l’image de son parcours atypique, Me Edney est un personnage coloré et profondément humaniste qui n’a pas la langue dans sa poche quand vient le temps de dénoncer les dérapages du gouvernement canadien en matière de droits de la personne. À juste titre, en août dernier, le magazine Canadian Lawyer l’a classé parmi les 25 avocats les plus influents au pays dans la catégorie Droit criminel et des personnes.

Profil de Me Dennis Edney

Dennis Edney est un avocat albertain d’origine écossaise.

Ancien joueur de soccer, il a changé de carrière et commencé à pratiquer le droit à l’âge de 40 ans.

Récipiendaire de plusieurs prix et distinctions, Me Edney figure dans le classement 2015 des 25 avocats canadiens les plus influents, selon le magazine Canadian Lawyer.

Autres distinctions :

  • National Pro Bono Award (2008)
  • Médaille des droits de la personne du Lieutenant-Gouverneur de la Colombie-Britannique (2009)
  • Prix Gerald L. Gall du Humphrey Centre for Peace and Human Rights (2013)
  • Winnipeg Citizens Award (2014)
  • Paul Harris Fellowship, Club Rotary du Canada (2014)

Depuis plus de 11 ans, Me Edney a pris la défense d’Omar Khadr – le plus jeune et le dernier prisonnier occidental à être incarcéré à la prison de Guantanamo.

Rappelons qu’au moment de sa capture en Afghanistan, Omar n’avait que 15 ans. Il possède la triste distinction d’être la première personne à avoir été poursuivie par un tribunal militaire pour un supposé crime de guerre qu’on l’accuse d’avoir commis alors qu’il n’était qu’un enfant.

Me Edney (avec l’aide de son collègue Me Whitling) a représenté Omar Khadr devant de nombreuses cours de toutes instances, tant au Canada qu’aux États-Unis. Les deux avocats ont également fait plusieurs voyages à Guantanamo pour rendre visite à leur client. En plus de le représenter sur une base pro bono, ils ont défrayé de leur poche la majorité des dépenses liées à cette cause, dépenses qui ont atteint par moments jusqu’à 10 000 $ par mois.

Dans le but d’appuyer la libération sous caution d’Omar Khadr, Me Edney et son épouse Patricia ont offert de l’accueillir chez eux, comme leur propre fils, une situation unique au Canada.

Agir pour le bénéfice de tous les Canadiens

Craignant que les abus du gouvernement fédéral en matière des droits de la personne ne se répercutent dans d’autres sphères et n’affectent d’autres Canadiens, Me Edney a eu le courage de dénoncer la dérive idéologique du gouvernement Harper sur la question des enfants soldats, en particulier l’attitude du premier ministre qui semblait en avoir fait une affaire personnelle. Me Edney a d’ailleurs dénoncé publiquement M. Harper, le qualifiant de « fanatique qui déteste les musulmans ».

Dennis Edney a dit :

“When we are ruled by fear in society, it is then that we fall into lawlessness… [and it is] precisely one of the aims of terrorism to create a climate of fear.”

Selon Me Edney, si ce qui est arrivé à Omar a pu arriver à un jeune garçon qui, en principe, aurait dû bénéficier de toutes sortes de protection en tant que citoyen canadien et en tant qu’enfant, cela pourrait arriver à n’importe qui d’entre nous.

La règle de droit doit s’appliquer à tous et chacun ou sinon elle ne veut rien dire. Et si la règle de droit ne veut plus rien dire, personne ne peut se dire en sécurité.

Malgré le défi colossal que représentait la défense de son célèbre client, Dennis Edney a toujours soutenu qu’Omar Khadr représentait à ses yeux la bonté même et que c’était un honneur pour lui de le défendre.

Devant la mauvaise foi du gouvernement et l’apathie de la population canadienne, Me Edney n’a jamais baissé les bras et s’est engagé à continuer son combat jusqu’à ce que son client soit entièrement libre.


Qui est Patricia Edney ?

Patricia Edney, conférence à McGill School of Law
Patricia Edney, conférence à McGill School of Law

Dans une des premières scènes du documentaire sur Omar Khadr, Guantanamo’s Child, sorti en 2015, Patricia Edney met sa main sur son cœur et dit : « C’était un voyage au long cours ». Elle fait référence au nombre d’années pendant lesquelles son mari avocat, Dennis Edney, s’est battu contre l’armée américaine, les gouvernements canadien et américain, ainsi que les appareils judiciaires des deux pays afin qu’Omar Khadr, le client qu’il défendait à ses propres frais, obtienne justice. Grièvement blessé et capturé par les forces armées américaines à l’âge de 15 ans, Omar a ensuite été laissé à lui-même pendant une décennie par son propre pays, le Canada, dans la prison notoire de Guantanamo où il a été torturé à répétition. Lorsqu’il a enfin été rapatrié, il a purgé ses derniers mois d’incarcération dans un établissement à sécurité maximale d’Edmonton.

Au fil des ans, la plupart des Canadiens ont fait connaissance avec son avocat par le biais de ses interventions dans les médias. Mais ce n’est que le jour de la libération sous caution d’Omar, en mai dernier, qu’ils ont fait la connaissance de son épouse, Patricia Edney, qui s’est alors retrouvée sous le feu des projecteurs pour la toute première fois, bien qu’elle ait joué un rôle crucial dans le dossier d’Omar dès le tout début. Lorsque Dennis a décidé de s’attaquer à ce cas difficile, les fils Edney n’avaient que 8 et 12 ans. Dans les années qui ont suivi, Dennis voyageait beaucoup, se rendant à Guantanamo, ailleurs au Canada et partout dans le monde, en quête de justice pour son client. Il a ainsi manqué nombre d’anniversaires, de remises de diplômes ou d’autres événements familiaux d’importance. Au quotidien, Patricia, qui était gestionnaire pour les Services de santé de l’Alberta, devait souvent éteindre les feux seule. Malgré les coûts financiers et émotionnels importants pour sa famille, Patricia a toujours offert un soutien indéfectible à Dennis. Pendant cette période difficile, les fils Edney, Cameron et Duncan, aujourd’hui de jeunes adultes, ont suivi l’exemple de leur mère et n’ont jamais remis en question la croisade de la famille pour faire libérer Omar.

Au même moment, Patricia vivait des événements difficiles. En effet, en 2008, elle accueillait chez elle sa mère alors en phase terminale de cancer. Malheureusement, quelque deux semaines avant la mort de cette dernière, Dennis a dû se rendre de nouveau à Guantanamo. Au retour de son gendre, l’aïeule a ressenti un énorme soulagement à l’idée que Patricia pourrait compter sur son mari au moment de son décès.

En 2012, quelques mois après son rapatriement au Canada en Ontario, Omar a été transféré dans une prison à sécurité maximale d’Edmonton. Patricia a enfin pu lui rendre visite et faire connaissance avec cet extraordinaire jeune homme qui faisait partie de sa vie familiale depuis de si nombreuses années.

En mars 2014, Dennis était absent lorsqu’Omar, encore en prison, a enfin reçu des soins médicaux pour une vieille blessure à l’épaule qui avait mal guérie faute de soins adéquats ; celle-ci lui avait été infligée par les soldats américains qui lui avaient tiré dans le dos à deux reprises lors de l’intervention qui avait mené à son arrestation. Après l’opération d’Omar dans un hôpital d’Edmonton, c’est donc Patricia qui était à ses côtés. Elle lui a donné un cours intensif très utile sur des nouveautés comme Netflix et les iPhone, et l’a accompagné, lui qui était alité presque toute la journée, pendant ses brèves promenades dans les corridors de l’hôpital accompagné d’un garde de la prison.

En mai dernier, au moment de la libération très attendue d’Omar, les Canadiens ont appris qu’il irait vivre chez la famille Edney, à Edmonton. Patricia avait préparé la maison pour son arrivée. Elle avait réorganisé une chambre, vidé les garde-robes, fait le lit et mis un plat d’agneau au four pour un convivial dîner de bienvenue. Le matin, dans la salle d’audience, lorsque le juge a finalement prononcé les mots que les Edney attendaient depuis si longtemps : « Monsieur Khadr, vous êtes un homme libre », Patricia s’est mise à pleurer de joie. Dennis l’a immédiatement serrée dans ses bras et lui a dit : « On a réussi ! »

Depuis la libération sous caution d’Omar, les Canadiens ont eu l’occasion de rencontrer le jeune homme qu’ils avaient brutalement abandonné il y a si longtemps. Quelques secondes après les premières paroles d’Omar prononcées devant un attroupement de micros et de caméras à la sortie du tribunal, c’est une décennie de démonisation par le gouvernement et les médias qui prenait fin. Une vague d’admiration et d’appréciation a ensuite déferlé sur l’extraordinaire famille Edney, plus particulièrement sur Patricia. Sa grandeur d’âme et sa bonté exceptionnelles ont servi de guide et nous ont prouvé que, même dans les temps de grande noirceur, des héros au grand coeur travaillent à nous redonner foi en l’humanité.